Relais d’Action de Quartier

Le projet des Relais d’Action de Quartier (RAQ) est composé de 21 travailleurs sociaux travaillant sur 19 quartiers de la Région de Bruxelles-Capitale en collaboration étroite avec un partenaire hébergeur.

Le but est de travailler sur les déterminants sociaux de la santé et l’accès aux droits en favorisant les liens entre les acteurs social-santé d’un quartier (ASBL, maison médicale, service public, maison de quartier, CPAS, service d’aide alimentaire, …).

Le.la RAQ oriente des publics vers les services qui apporteront une réponse à leurs demandes sociales.

Le.la RAQ facilite l’organisation de séances d’information collectives et soutenons les démarches communautaires dans les quartiers.

La diversité des langues et des origines de l’équipe est une force qui facilite l’accès aux droits sociaux dans le quartier.

Objectifs

  • Lutter contre le non-recours aux droits fondamentaux en facilitant l’accès aux services d’aide sociale et de soin ;
  • Renforcer l’accessibilité aux services sociaux et de soins
  • Agir positivement sur les déterminants sociaux de la santé

Cartographie

Partenaires

Ce projet, porté par l’ASBL Fédération des Services Sociaux Bicommunautaires, est une initiative de la COCOM et est soutenu par de nombreux acteurs du social et de la santé, notamment : CAP Service Social des Quartiers 1030, CAP Brabantia – Caritas International, CAP La Porte Verte, CAP Les Amis d’Accompagner, WGC Medikurgem, CASG Service Social Juif, CAP Brabantia – Entraide de Saint-Gilles, CASG CSS Bruxelles Sud-Est, Episol, Centre communautaire Maritime, Centre de Développement et d’Animation Schaerbeekois, Solidarité Savoir, Espace social Téléservice, l’Entraide des Marolles, LD3 Miro,  Wolu-Services Woluwé-Saint-Lambert, Ribaucare (Espace Social Santé), Culture et Développement, Goujonissimo.

Coordonnées des RAQ par zone

Voir cette page

Vidéo de présentation

récits de quartier

« Chez moi, tranquille... » Un dénouement heureux à force de réalisme

Depuis quelques semaines, Hasni dort chez lui.

Avant-hier, on lui a livré un frigo. Presque neuf. C’est un centre de jour qu’il fréquentait qui le lui a offert.

Il a acheté un matelas et un tapis.

Il est maintenant propriétaire d’un petit studio à Molenbeek.

Il ne doit plus changer « d’hébergement » chaque mois, passer d’un centre du SAMU social à un autre, partager une chambre avec cinq nouvelles personnes chaque soir, passer ses journées dehors pour éviter les bagarres, puis refaire une nouvelle demande pour trouver une place ailleurs. Peut-être.

Aujourd’hui, il a une porte qu’il peut fermer derrière lui.

Quatre années de combat

Hasni a été indemnisé par le Fonds des accidents médicaux (FAM) de l’INAMI, à la suite d’une opération de la cataracte qui s’est mal déroulée. Il y a perdu un œil.

Quatre années de combat, des formulaires sans fin, des certificats, des rapports, des expertises contradictoires …

Je me souviens d’un moment, à l’hôpital universitaire d’Anvers.

La dame au guichet de l’accueil faisait longuement tourner entre ses mains le badge du SAMU social de Bruxelles de Hasni.

— C’est tout ce qu’il a comme carte d’identité ?

— C’est bien ça. Et maintenant, laissez-nous passer : la professeure, les médecins et les avocats de l’assurance nous attendent.

Qu’est-ce qui a fonctionné ?

Aujourd’hui, nous nous demandons : qu’est-ce qui a fonctionné ? Quelle corde avons-nous touchée chez les « tout-puissants » pour que la décision tombe finalement en sa faveur ?

Rien ne prédestinait cette histoire à une fin heureuse.

Un bénéficiaire sans papiers et une travailleuse sociale à la recherche de justice, sans véritable appui.

À un moment de la procédure, l’hôpital nous a expliqué :

— Nous lui avons donné une feuille que nous remettons à tous les patients après l’opération, avec une série d’instructions en cas de complications.

Mais Hasni ne sait pas lire.

Il reconnaît les lettres, mais il ne sait pas lire.

L’experte a été formelle. Elle venait de le découvrir, une heure plus tôt, lors d’un examen. Et moi aussi.

Est-ce que l’hôpital a l’obligation de vérifier si un patient sait lire ? Non.

Est-ce que les professionnels de santé ont toujours le temps de le faire ? Non, bien sûr.

Mais cette situation pose une question essentielle : comment transmettre des consignes médicales à une personne qui ne peut pas les lire ?

Une décision qui change une vie

Dans sa décision, le Fonds des accidents médicaux a conclu que la responsabilité de l’hôpital n’était pas engagée, mais que Hasni avait bien été victime d’un accident médical, à la suite duquel il avait subi un important préjudice permanent.

Quatre ans plus tard, il porte toujours ses lunettes noires lorsqu’il appelle sa maman à Oran, en Algérie.

Et elle ne lui demande pas non plus de les enlever.

« Comment tu lui as annoncé, Hasni ?

Je lui ai dit que cette fois-ci, quand elle viendra me voir, on ne devra pas chercher où elle dormira. Elle sera chez moi ».

Il raconte cela avec un sourire.

La justice sociale, on n’y croit plus beaucoup.

En tout cas, les exemples se font rares.

Et pourtant, cette fois-ci, le système n’a pas poussé un homme déjà au bord du précipice – sans papiers, sans domicile et presque aveugle – à tomber davantage.

Il lui a donné la possibilité d’avoir un avenir meilleur.

« Quels sont tes projets maintenant ? Qu’est-ce que tu comptes faire ? »

Question stupide. Complètement. Le conditionnement professionnel réclame toujours une action, un projet, une étape suivante.

Mais parfois, la réponse est beaucoup plus simple.

« Fermer la porte et juste être chez moi, tranquille ! »

Et il a raison.

Un logement c’est un socle indispensable pour commencer à se reconstruire.

C’est un battant, Hasni.

Alors on se dit que ça vaut la peine.

Toujours ? Non.

Mais souvent, oui.

Ici, l’histoire finit bien.

Et ça encourage.

Ça motive.

« Désolé, j'ai besoin d'aider ma maman qui est malade »

Récemment, notre service social de quartier, « L’Entraide de St-Gilles » a été cambriolé. Quelques traces d’effraction, des armoires fouillées et la porte du bureau de l’assistante sociale fracturée. Sur le moment, la colère a pris le dessus. Très vite, elle a laissé place à l’étonnement. En faisant l’état des lieux, un détail interpelle. Le vol ne concerne ni argent ni matériel de valeur : une machine à café, une boîte de gaufres et surtout les sacs de maraude contenant du matériel de premier secours, des produits d’hygiène de base, des mouchoirs, deux thermos, du thé, du sucre… Rien de superflu. Rien de revendable facilement. Seulement des essentiels. Posé sur la chaise qui fait face au bureau de l’assistante sociale, celle sur laquelle s’asseyent d’habitude les usagers du lieu pour les accompagnements, un mot : « Désolé, j’ai besoin d’aider ma maman qui est malade ».

Cette situation n’est pas un fait isolé. Elle s’inscrit dans une série d’événements qui, depuis plusieurs mois, se répètent et s’intensifient. Le vol du tronc d’église qui sert à collecter les dons au profit de l’Entraide.

Une vitrine d’affichage cassée.

Les vitres de la porte d’entrée vandalisées. Un départ de feu devant l’entrée du bâtiment. Des tensions, parfois de la violence, lors des accueils-café. Et, de plus en plus souvent, un manque de respect envers l’équipe du service social.

Cela commence à faire beaucoup.

Notre service social est déjà fragilisé par des difficultés financières récurrentes. Chaque année, nous nous battons pour rester ouverts. Nous faisons au mieux avec des moyens limités. Nous nous investissons pleinement pour accompagner les personnes qui en ont besoin.

Aujourd’hui, un autre sentiment s’impose : l’incompréhension. Mais aussi l’épuisement. Et une forme d’insécurité devenue presque permanente.

Que se passe-t-il ?

Que disent ces actes des difficultés vécues par les personnes les plus précarisées sur le terrain ? Jusqu’où peut conduire la précarité ?

Quand une personne en vient à voler un service social, un lieu qui existe précisément pour aider, qu’est-ce que cela signifie ? Comment comprendre quand ce qui est pris, ce sont des objets destinés à aider d’autres personnes en difficulté ? que faut-il comprendre ?

Ce sont aussi nos outils de travail qui disparaissent. Comment continuer, concrètement, à accompagner sans eux ?

Dans quel climat les travailleurs sociaux sont-ils censés exercer leur mission ? Avec quelles ressources, matérielles et humaines ?

Et plus largement, que dit cette situation de notre système de solidarité ? Que dit-elle d’une société dans laquelle une personne malade ne peut être prise en charge dignement, au point que son proche en vient à voler pour répondre à des besoins essentiels ?

Dans la détresse, en vient-on à se voler entre personnes pauvres ?

Toutes ces questions restent ouvertes. Elles sont pour la plupart récentes ; liées à une conjoncture de plus en plus compliquée, tant pour les personnes que nous accompagnons que pour les services qui tentent d’effectuer leur travail avec des moyens qui diminuent.

Que faire de ces colères, ces étonnements, cette incompréhension ? Qu’est-ce qu’on peut prendre comme décisions, comme posture institutionnelle quand la précarité en arrive à se voler elle-même ?

Derrière ce mot laissé à l’assistante sociale, des excuses et le besoin d’aider une proche :

« Désolé,

j’ai besoin d’aider ma maman est malade. »

Nouvel An convivial aux Marolles

Pour la deuxième année consécutive, nous avons accompagné un groupe de jeunes, la Team Querelle, dans l’organisation d’un Nouvel An convivial aux Marolles. Les jeunes ont organisé un repas pour les habitants, renforçant le lien entre voisins.

L’événement, géré en concertation avec les autorités, a été un tel succès que la police a demandé aux jeunes de prolonger leur présence au-delà des douze coups de minuit, tout en rappelant qu’ils soutenaient vivement leur initiative. Faut-il y voir un signe de reconnaissance sincère envers la jeunesse des quartiers ou une simple instrumentalisation de leur légitimité pour assurer le calme ?
Nous espérons vivement que ce n’est pas une reconnaissance de façade et que cette légitimation se transformera en actes afin de soutenir concrètement les initiatives des jeunes des quartiers.

Contact

Coordination: coordination@raq.brussels

Actus

Publications